Quelle cadence d’images pour filmer ?

24, 25, 30, 50 ou 60 images/seconde ?

C’est la question qui revient régulièrement lorsqu’on touche aux réglages de sa camera ou de son reflex/hybride. La cadence d’images, aussi plus couramment appelé « framerate » ou « frame per second » (fps), a une grande influence sur le rendu de la vidéo. Donc les premières questions à vous poser sont :

« qu’est ce que vous allez filmer ? »

Un spectacle ? Une rencontre sportive ? Une course automobile ? Un court-métrage ? Allez-vous faire des ralentis au montage ? et ensuite

« sur quel support vous comptez le diffuser ? »

La vidéo sera diffusée sur internet ? Sur Blu-ray ?

24 images/secondes

projecteur_cine

Ce mode est proposé sur les appareils dits « NTSC » ou sur les caméras destinées à réaliser des films ou court-métrages. D’ailleurs, cette cadence n’est pas réellement de 24 images/secondes mais de 23,976 images/ secondes. Pour la petite histoire, au début du cinéma, les films muets étaient enregistrés à 16 voire 18 images/secondes. Mais à l’époque c’est les limitations techniques qui ont imposé ce choix. En effet il faut se souvenir que le réalisateur tournait une manivelle pour enregistrer sur une pellicule ! Ce fût le même schéma lorsque le son est arrivé dans le cinéma en 1927. L’industrie s’est alors accordée sur la cadence de 24 images/secondes pour ne pas utiliser trop de pellicules 35 mm (très chères) et aussi pour pouvoir caler le son dessus de façon optimale. Aujourd’hui, cela fait bientôt 90 ans que les films sont enregistrés à la cadence de 24 images/secondes…

A l’ère du tout numérique, la majorité des films ne sont plus enregistrés sur pellicule. Il n’y a donc plus de limitation technique et certains grands réalisateurs (comme James Cameron ou Peter Jackson par exemple) tournant la plupart de leurs derniers films en 3D relief, et ayant l’habitude d’en mettre plein les yeux à leurs spectateurs, ont récemment fait le choix de tourner leurs sagas à succès à une cadence de 48 images/ secondes pour la trilogie du Hobbit  et 60 images pour Avatar 2 et 3. 48 et 60 images pour chaque oeil, ce format d’enregistrement est appelé HFR 3d pour «High Frame Rate». Tout ceci dans le but d’améliorer la qualité et la fluidité de leurs films en 3D relief et ainsi immerger encore plus le spectateur dans l’action qui ira voir leur film au cinéma.

Effectivement l’industrie cinématographique essaye de ramener le spectateur dans les salles obscures plutôt que de le laisser regarder ses films chez lui sur Ipad ou Home cinéma. Quoi de mieux pour ça que de proposer une expérience inédite et qui ne fasse pas mal à la tête en proposant une 3D relief plus fluide…Ah si…Peut-être aussi baisser le prix d’une place de ciné 🙂

The-Hobbit-48fps

La trilogie du Hobbit est tournée en 48fps 3D relief

avatar

Avatar 2 et 3 seront tournés en 60fps 3D relief

Mais pour nous, petits vidéastes amateurs ne pouvant pas se payer une caméra à 40 000$ et peut-être pas nécessairement intéressés par la 3D relief dans nos vidéos, si nous choisissons le mode d’enregistrement en 24 images/secondes, nos vidéos tendront à se rapprocher de ce fameux ciné-look. Cet aspect un peu « argentique » en quelque sorte. Dans mon cas, c’est la principale raison pour laquelle j’ai acheté un appareil reflex venant d’un territoire « NTSC » et non « PAL ».

Pouvoir réaliser mes court-métrages avec la cadence à laquelle les films ou séries américaines sont enregistrées. Et je dois avouer que le résultat est vraiment très sympa ! L’avantage de cette cadence est que la vidéo est exportable sur tous les supports : internet, DVD, Blu-ray et surtout qu’elle n’est pas trop gourmande en ressources informatiques.

25 images/secondes

tv

C’est le format de diffusion télévisuelle des territoires « PAL », bien que pour moi, ces termes « NTSC » ou « PAL » auront un jour tendance à disparaitre. Enfin j’espère…Maintenant quasiment tout le monde est équipé d’un téléviseur compatible aux 2 formats de diffusion. Le 25 images/secondes est donc la cadence standard à laquelle nos caméras européennes enregistrent. Et elle sera également compatible aussi bien sur internet, DVD, Blu-ray que sur le téléviseur cathodique des années 80 de Tata Huguette. 🙂

30 images/secondes

C’est le format de diffusion télévisuelle sur les territoires « NTSC », en Amérique ou au Japon par exemple, il est en fait de 29,97 images/secondes.

50 ou 60 images/secondes

30fpsvs60fps

50 images pour les versions PAL de nos appareils et 60 images pour les versions NTSC. C’est le mode qu’il faut choisir si vous souhaitez donner une fluidité et une clarté incomparable à vos vidéos. L’image est bluffante avec ce mode d’enregistrement. On lit souvent dans les forums qu’il est plus destiné à celles et ceux qui souhaitent faire des ralentis au montage. Peut-être pour le 120fps ou le 240fps mais pour le 50/60 fps, pas obligatoirement. En effet le ralenti sera plus joli et moins saccadé vu qu’il y a plus d’images par secondes. Mais personnellement j’enregistre désormais tous mes évènements ou souvenirs dans ce mode. Parce que je sais qu’il vieillira très bien et que l’image dégage quelque chose de plus en terme de “réalisme”.

Ce n’est pas non plus pour rien que les gamers exigeants préfèrent jouer à un jeu en 60 fps plutôt qu’en 30 fps. Parce qu’il y gagnent en fluidité et en confort de jeu. Par contre ce mode d’enregistrement a deux principaux défauts. Il est gourmand en ressources si vous souhaitez rajouter des effets ou faire du tracking avec After Effect par exemple. Et il n’est pas encore diffusable sur tous les supports. Sur internet, Youtube gère désormais les vidéos en 60fps donc c’est tout bon.

Pour les supports physiques ça devient un peu plus tendu…Sur DVD, on oublie de suite. Aucune platine de DVD ne lira vos vidéos en 60fps, elle lira jusqu’à 30 images/sec. Pour les Blu-ray, c’est envisageable mais au prix d’une perte de définition. En effet le Blu-ray gère jusqu’à 60 images/sec mais en 720P maxi. Donc les vidéos enregistrées en 1080P/60fps devront soit être converties en 720P, soit être regardées sous forme de fichiers vidéos visionnables sur les PC/MAC ou sur les dernières consoles de jeu vidéo par exemple.

Comment monter son projet avec plusieurs cadences ?

Quand on a des rushs filmés à plusieurs cadences différentes, on crée un projet avec la cadence d’images la moins élevée. On y importe ensuite nos rushs, même ceux tournés en 50ips. Le logiciel va afficher un message disant que les vidéos importées (les 50ips) ne correspondent pas au projet, on ignore et on conserve les réglages de la séquence sur 25.

Contrairement aux idées reçues, il n’y aura pas de ralenti sur les rushs à 50 ips si on les exportes en 25ips. J’ai fait plusieurs tests la-dessus et j’invite les sceptiques à essayer. Il y aura un ralenti si on demande au logiciel d’opérer un ralenti, souvent paramétrable en pourcentage. Un ralenti consiste à allonger la durée de chaque image sur une échelle de temps et il sera donc forcément plus fluide si la vidéo a été tournée à 50ips ou 60ips. Bref on fait notre montage normalement et on exporte le tout à 25 ips. On aura une vidéo à 25ips. L’algorithme du logiciel va faire en sorte qu’il retire une image sur 2 aux rushs de 50ips pour obtenir cette cadence.

L’erreur à ne pas faire est d’importer les rushs en 25ips dans un projet à 50ips. J’avais essayé avec des rushs en 24ips exportées en 25ips, j’avais une micro saccade toutes les secondes…Le logiciel avait en fait reproduit la dernière image de chaque seconde pour obtenir une cadence de 25ips.

Progressif ou entrelacé ?

Selon la lettre qui vient après la vitesse du framerate, le signal de la vidéo peut-être entrelacé (i pour interlaced) ou progressif (P). Tout dépend de votre appareil et de ses capacités d’enregistrement. Très sincèrement le mode entrelacé est destiné à disparaitre dans les prochaines années au profit de l’enregistrement progressif. Le mode entrelacé a à la base été inventé pour pouvoir diffuser les films et séries à la télévision. Télévisions qui étaient à l’époque à balayage entrelacé. Aujourd’hui les téléviseurs à écrans plats qui équipent la plupart des foyers possèdent un balayage progressif.

C’est quoi entrelacé ? Prenons l’exemple du 50i. La cadence d’images/secondes n’est pas de 50 images/ secondes mais de 25. En effet c’est trompeur. La camera va en fait enregistrer 50 trames (une trame compte la moitié de lignes horizontales d’une image) en une seconde. Une trame avec les lignes impaires sera suivie d’une trame avec les lignes paires de l’image. A l’oeil le signal entrelacé se voit lorsqu’il y a un plan panoramique ou un travelling latéral car un effet de peigne apparait.

En progressif, pour du 50p par exemple, l’appareil enregistre 50 images « pleines » par secondes. La différence de qualité d’image est notable.

J’espère avoir pu vous aider ou vous orienter dans les réglages de votre appareil avec cet article.

N’hésitez pas à laisser votre avis ou à poser vos questions dans les commentaires ! 🙂

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3 commentaires pour “Quelle cadence d’images pour filmer ?

  1. bonjour,
    a l’epoque jquand je realisais des clips, je tournais tout en 24fps (je me rend compte que c’était pas necessaire !) et a chaque fois que je fesais un ralentie bah c’était pas top .

    maintenant je me demande si il est pas plus interessant de tout filmer en 60 ou 120 fps et au montage final de repasser en 25 fps …

    parsque sur du clip je ne sais pas spécialement quel scene je pourrai mettre au ralentie a l’avance

    quand pensez vous ?

    1. Bonjour , excellente initiative. Mieux vaut tourner en FPS élevé et convertir ensuite en plus bas que l’inverse et vouloir faire des ralentis car ils seront saccadés. Après se pose la question de l’exposition, plus les FPS sont élevés, plus il faudra faire attention à la vitesse d’obturation pour obtenir une bonne fluidité et donc plus il faudra de lumière pour ne pas trop monter les ISO. Mais déjà tourner en 60 FPS minimum est une très bonne chose.