Apprendre la video | Le blog

Quel drone vidéo choisir ?

Aussi appelée plus communément « aéronefs télé-pilotés », je les appelle personnellement des caméras volantes  car concrètement pour moi ce sont des caméras « accrochées à des systèmes volants ». 🙂 Et donc ce qui m’importe dans une caméra volante, ou drone vidéo… c’est la qualité de son capteur, la qualité de son optique et les réelles innovations qu’elle va pouvoir m’apporter en plus de ma caméra terrestre. Donc dans cet article je ne parlerai pas de drone qu’on fait simplement voler autour de soi. Je parlerai de drones dédiés à la vidéo, construits et pensés spécifiquement pour le vidéaste, amateur ou avancé. Pour lui apporter une plus-value en terme de création vidéo.

Alors autant casser le mystère de suite. J’ai fait le tour de toutes les marques de fabricants. Souhaitant moi-même m’équiper. J’ai épluché les caractéristiques de chaque appareil des marques référentes. Et les experts de drone vidéo vous le diront, un fabriquant a pris l’ascendant sur tous les autres : DJI. Entreprise chinoise basée à Shenzhen. Cette entreprise a même fait plus que prendre l’ascendant selon moi. Elle a véritablement mis un coup de bambou aux concurrents.

Il y a peut-être un fabriquant qui arrive à s’en rapprocher, qui essaie de la titiller même. Yuneec, également chinois, basé en Californie et allié à Intel, qui apporte son lot d’innovations sur ses derniers modèles. Mais à qui il manque toujours le ptit truc qui fera la différence. Et si un concurrent tente d’innover, DJI sort un nouveau modèle mettant tout le monde d’accord. Ils sortent d’ailleurs au moment où j’écris ces lignes, peut-être trop de modèles, mais c’est un autre débat…

Les critères à retenir pour un drone vidéo

Les critères selon moi pour une caméra volante sont les suivants :

Un tour rapide des marques françaises

Pas toutes forcément très connues du grand public, il existe pourtant des marques françaises de drones. La plus connue est Parrot, qui propose des drones, des mini drones aériens, terrestres et même hydrophiles. Il y a aussi RedBird, DelairTech, DeltaDrone ou encore DroneVolt. Je ne vais pas m’étendre sur ces fabricants car je ne les ai tout simplement pas testé. Et certains ne sont pas spécialisés dans la vidéo mais plus dans d’autres usages  (photogrammétrie, diagnostics, thermographie, etc…) Parrot reste la référence nationale dans notre pays. Ils commencent à ajouter des fonctions sympas à leurs drones vidéos avec le Bebop 2. Mais ne sont pas encore au niveau du leader chinois. Et pas dans la même gamme de prix non plus…

Les drones que je conseille pour un usage amateur

Si vous ne souhaitez pas revendre vos images, si vous ne cherchez pas forcément la dernière définition d’image mais si vous voulez juste obtenir des images qui restent de qualité, voici les modèles que je vous conseille:

DJI Mavic Mini

Une des références de la marque. Une valeur sûre qui vous offre une bonne autonomie, une bonne qualité vidéo pouvant monter jusqu’à 2,7K à 30fps. Un retour vidéo HD sur tablette ou smartphone. Des modes de vol intelligents comme le points of interest, le follow me ou le waypoints. Pour moins de 400€ c’est un modèle qui offre de nombreuses fonctions sympas pour un usage amateur.


 

DJI Mini 2

Au moment où j’écris ces lignes, le dernier modèle de DJI. Son principal atout, sa compacité. DJI s’est inspiré du célèbre Mavic Pro et l’a réduit encore plus. Ce drone vidéo de poche a de sérieux atouts pour lui. Son seul point faible serait pour moi son autonomie. Mais à côté de ça il propose des fonctions et des capacités qu’aucun autre drone de cette taille et à ce prix ne possède.


Parrot Anafi

Le best-seller en Europe, ce drone video made in France propose une autonomie de 25 minutes Une portée de 4km avec son Skycontroller. Mode FPV (First Person View, pilotage en immersion) avec les lunettes adaptées. Vidéo malheureusement uniquement en Full HD à 30fps. Mais cela suffit largement à la plupart des vidéastes amateurs.


 

Les drones vidéo que je conseille pour un usage avancé

Vous voulez des images au top du top. En définition 4K. Avoir la possibilité d’étalonner vos rush au montage. Voici les drones vidéo que je conseille pour un usage avancé. Préparez-vous à casser la tirelire…car on passe difficilement en dessous des 1000€ pour obtenir un super joujou.

DJI Phantom 4 Pro V2

Mon drone actuel est un V1. Un condensé de technologie. Une nervosité impressionnante au décollage. Facilité d’installation, facilité d’utilisation, des modes d’enregistrement qu’aucun autre drone dans cette gamme ne propose aujourd’hui. (4K à 60FPS) Prise en charge du codec H265. Nacelle hyper stable même par temps venteux, capteur 1″ donc beaucoup plus sensible.  Et j’en passe. Et en plus il est indestructible…mais j’y reviens en bas de l’article.


DJI Mavic Air 2S Le meilleur compromis.

Le petit dernier de DJI. Il succède au Mavic Air 2 qui est un excellent drone et qui reste un des meilleurs compromis sur le marché. Le Air 2S amène avec lui entre autres, un capteur de 1″ à la place du 1/2″, la vidéo 5,4K à 30fps, ce qui permettra de « zoomer » dans l’image, le profil Dlog-M 10 bits, une portée accrue à 12km sans obstacle, la technologie ADS-B qui vous informe si un hélicoptère ou un avion est dans votre zone de vol via l’application DJI Fly. Un des avantages de ce drone est que les batteries du Air 2 sont compatibles.


DJI Mavic 2 Pro et 2 Zoom

Le best-seller de la marque. Il existe aujourd’hui 2 modèles, le 2 Pro et le 2 Zoom. Il surprend d’abord avec son design sorti d’un film de science-fiction. Ses principaux atouts sont sa compacité, sa facilité d’emploi, son poids, son autonomie, sa portée, l’ergonomie de sa manette. Un véritable bijou technologique de poche. Les vidéos sont magnifiques, les photos également, il possède les modes intelligents du 4 Pro et également les modes d’enregistrement vidéo pour l’étalonnage. Son gros atout face au Phantom 4 : il se déplie en 20 secondes…


Yuneec Typhoon H3

Drone vidéo à 6 rotors, bras en carbone, trains d’atterrissage rétractables en carbone, la robustesse est de mise ici. Ce drone propose aussi de nombreux modes de vol intelligents comme le point of interest, journey, CCC (trajectoire suivie par le drone, vous vous occupez uniquement de la cam), ou encore le waypoint. Autonomie de 25 min. Vidéo en 4K à 360° grâce au train d’atterrissage rétractable. Full HD jusqu’à 120fps. Avec une deuxième télécommande, le drone peut être piloté par une personne et la caméra par une autre. Idéal pour la qualité des plans. Portée de 1600m entre la télécommande et le drone. La télécommande est imposante mais très complète en terme de réglages possibles.


Quelques conseils avant de se lancer

Entrainez-vous. C’est le premier conseil que je donne aux personnes qui veulent s’équiper. Je me suis personnellement entrainé sur le drone de mon fils en intérieur et sans aide. Si il tombait il ne cassait pas. Et cela m’a permis d’appréhender les obstacles, les sens de vol et tout ce qui peut faire qu’on plante un drone. C’est après cet entrainement que j’ai décidé d’investir dans un drone vidéo de qualité.

Pour la législation je vous conseille de lire cet article. Je le trouve très complet et son auteur le met régulièrement à jour. Cela vous permettra de savoir si vous êtes hors la loi ou non. Entre nous, en France, il est très difficile de ne pas être hors la loi avec un drone vu la règlementation étouffante qui règne dans notre pays. Sauf si vous voulez filmer un champs…

Du drone au gimbal

Lorsqu’on pense aux drones vidéo, on pense de suite aux plans vus du ciel. Aux prises de vue de hauteurs inédites. Mais le drone vidéo permet également de remplacer d’autres accessoires comme une grue ou un gimbal par exemple. Il est possible, lorsqu’on maitrise son appareil, de réaliser des travellings de folie, hyper stables, à un mètre du sol, voire même au ras du sol. J’ai essayé, ça a du style !

Ou si le sujet est trop proche pour filmer en volant, il suffit de retirer les hélices du drone et de le transformer en…gimbal. Vous l’allumez, une main tient le drone et l’autre la télécommande. Ce clip par exemple a été intégralement tourné avec mon drone. Le Phantom 4 Pro par exemple fournit une superbe qualité d’image sans avoir de courbure des angles. Il peut clairement remplacer un DJI Osmo dans certaines conditions et fournir une meilleure qualité d’image… À vous les plans hyper stabilisés !

Même chose pour un travelling vertical. Plus besoin d’investir dans une grue et de galérer à la mettre en place. Le drone jouera ce rôle. Pensez par exemple au célèbre plan qui part en hauteur au milieu d’une rue avec une voiture qui passe en dessous et qui part au loin. On en voit beaucoup dans les films ou séries. Avant c’était réalisé avec une grue. Maintenant hop on déploie le drone et on gagne un temps fou !

DJI à l’épreuve des chutes

Je ne me doutais pas que les drones DJI étaient aussi solides. Ils sont même incassables. J’ai appris que le plastique composant le Phantom 4 est de même constitution que les boucliers des CRS…En gros c’est du solide ! Je l’ai constaté à mes dépens : j’ai perdu le contrôle du mien suite à une mauvaise manipulation…J’ai voulu trop jouer à vider la batterie. Le drone a perdu la connexion avec la télécommande. Il a atterri après un certain temps d’attente en stationnaire…sur le bord d’une falaise à Collioure (Pyrénées Orientales). Mais quand la batterie a atteint la zone critique, j’ai à peine pu récupérer la connexion et l’image, qu’ il a fait une chute d’environ 15-20 mètres. Roulers-boulets…bim bam boom…Les hélices explosées. Pour ensuite tomber à l’eau (de mer). Oui avec le sel, l’iode, la totale quoi…

Dans mon malheur, heureusement la batterie s’est dé-clipsée pendant la chute avant que le drone n’entre dans l’eau. Je n’ai pas retrouvé le drone de suite car il était dans une sorte de crevasse à 1m20 de profondeur. La batterie était aussi sous l’eau à environ 2 mètres du drone. Je les ai retrouvés au bout de 3H de recherche. Alors quand on sort son drone de l’eau on se dit que c’était la dernière fois qu’on le voyait voler. Premier réflexe en rentrant : recherche sur internet, demande de renseignements auprès d’un ami droniste. Que faire pour essayer de le sauver ? C’est bourré d’électronique et l’électronique n’aime pas l’eau, et encore moins l’eau de mer.

L’iode et le sel

N’importe quel électronicien vous le dira, si il n’y a pas eu d’électricité quand l’eau est arrivée, il y a peut-être une chance de sauver la bête. J’ai donc donné une bonne douche au drone histoire de bien rincer l’intérieur de tout le sel et l’iode qui se fixe rapidement aux composants électroniques. J’ai ensuite complètement démonté la nacelle ainsi que la caméra. L’optique, tout, et j’ai constaté que le capteur n’avait pas été touché par l’eau. Juste l’optique. Mais si je laissais sécher, je me retrouvais avec des dépôts de sel sur les verres.

J’ai passé l’optique sous le robinet pendant 10 minutes, la noyant complètement. En tentant de créer un courant pour dégager le sel. Mission accomplie. Ensuite, plusieurs heures à sécher cette fameuse optique au sèche cheveux sans trop de chaleur pour éliminer toute trace d’humidité. Après 36 heures de séchage à l’air, j’ai remonté l’ensemble.

Éloges du SAV de DJI

DJI a un des SAV les plus performants que je connaisse. Je les contacte par tchat via l’application de la tablette, je raconte à mon interlocuteur ce qui m’est arrivé. Lui précisant que j’ai ouvert le drone pour le rincer, du coup « bye bye la garantie ». Je m’en doutais. Mais soit je ne l’ouvrais pas et il se faisait oxyder par l’iode, soit je l’ouvrais pour tenter de tout bien rincer.

On ne réfléchit pas trop longtemps quand on sait ce qu’il vaut. Le conseiller m’invite à envoyer un mail racontant ma mésaventure à une adresse mail de support. Je le fais, le lendemain j’ai un mail de retour m’indiquant la procédure de prise en charge. Gratuite pour les résidents en France. J’envoie le drone par UPS qui part aux Pays Bas.

Environ 5 jours après, la prise en charge est effectuée. DJI propose un suivi très précis de toutes les étapes. Ils prennent des photos des dommages qu’a subi le drone. Quelques jours passent avant que le verdict tombe. Après avoir regardé les tarifs des composants sur internet, je m’attendais à du minimum 800€…Non, l’ensemble des réparations et des pièces détachées me reviennent à moins de 150€…

Voilà pour la petite histoire. J’espère qu’elle pourra aider les malchanceux qui feront tomber leur drone vidéo dans l’eau. J’ai depuis décidé d’appeler le mien « Moïse » car… sauvé des eaux. 🙂 Ah j’allais oublier, la batterie est morte par contre. Elle n’a pas supporté les 3H dans l’eau…

N’hésitez pas à  me poser vos questions ou à donner votre avis sur votre expérience drone dans les commentaires !

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