Les étapes clés pour réaliser son premier court-métrage

Quand on enregistre des vidéos, la première chose qu’on souhaite faire, c’est partager avec sa famille ou ses amis les moments de vie qu’on a capturé. Partager ses vacances, un spectacle, une pièce de théâtre, une rencontre sportive, les premiers pas de bébé, etc…Des évènements réels en somme. Et un jour nous vient l’envie, le rêve même, de raconter une histoire, une fiction. L’envie de réaliser son premier court-métrage. Dans cet article je vais essayer de répondre aux nombreuses questions qu’on m’a posé ces 15 dernières années. Et également aux questions que des visiteurs du blog me posent après avoir sans doute regardé mes court-métrages.

Pour réaliser son premier court-métrage, il faut réussir à réunir plusieurs ingrédients essentiels et éviter de faire des erreurs bêtes…Je compare la réalisation d’un court-métrage à la préparation d’un plat de cuisine mais c’est exactement ça ! Mieux vous réussirez à réunir ces ingrédients essentiels, meilleur sera votre plat. Meilleur sera votre court-métrage. 🙂 Je précise que je n’ai fait aucune école de cinéma. Que j’ai réalisé mes court-métrages avec un budget proche de zéro. En m’amusant au début puis en devenant de plus en plus sérieux au fil des années (mais toujours en m’amusant). Le seul moteur qui m’anime pour continuer à réaliser mes court-métrages est ma passion à raconter des histoires. À vouloir divertir les gens à ma façon. Vous pouvez visionner mes quelques réalisations à cette adresse www.d3prod.com.

L’idée d’un court-métrage

Cela parait évident mais le premier élément qu’il faudra pour réaliser son premier court-métrage c’est l’idée. L’idée de l’histoire que vous voulez raconter. Il faut que cette idée soit bonne (c’est souvent subjectif…) et qu’elle ne soit pas trop longue à raconter. Sinon vous partirez sur du moyen métrage voire du long métrage et sincèrement je vous le déconseille. Surtout pour un premier film. Si vous voulez capter l’attention du spectateur, surtout pour votre premier film de fiction, partez sur un format court. Moins de 10 minutes si possible.

Une histoire simple mais originale à raconter. Hé oui, aujourd’hui les gens sont exigeants. Ils veulent de l’originalité et que ce soit court. Ils ne veulent pas s’ennuyer à regarder un moyen métrage amateur de 30 minutes…Sinon vous risquez de ne capter l’attention que de papa, maman, tonton, tata et les meilleurs amis. A l’heure du tout internet, c’est pas super…Un conseil : écrivez votre histoire, la trame principale en tout cas et essayez de vous y tenir. Cela s’appelle le synopsis dans le monde du cinéma. Ensuite seulement, commencez à préparer le storyboard et les dialogues. Parce qu’une fois le tournage commencé, de nouvelles idées risquent d’arriver. Et il faudra les traiter avec beaucoup de prudence avant de les intégrer. Au risque de rendre votre histoire originale totalement incohérente au final…

Le choix des acteurs / actrices

A moins d’être infographiste 3D et de créer ses personnages soi-même ou de faire jouer une orange, il vous faudra des acteurs/actrices en chair et en os. 🙂 Cette étape est évidemment essentielle mais également très risquée. Parce qu’on a tendance à faire appel à des proches qui sont au moment où vous leur en parlez super partants pour tenter l’aventure. Mais qui hélas, ne savent pas jouer la comédie ou alors très mal. Ou encore mieux, qui vous planteront le jour du tournage…J’en parle parce que j’ai moi-même commis cette erreur. Et certains passages de mes court-métrages en pâtissent. Cela crée de super souvenirs pour les copains/copines mais pour le spectateur ça ne le fait pas du tout.

Donc selon le degré de sérieux de votre projet, il existe des plate-formes sur internet (www.cineaste.org par exemple) où il est possible de trouver des comédiens « pros » ou qui ont fait de la comédie au théâtre ou dans d’autres films et qui ne veulent qu’une chose : jouer la comédie et se faire connaitre. Ils acceptent parfois de ne pas être payés. Il faudra juste leur rembourser les frais de déplacements et les restaurer. Je vous conseille ce type de comédien si il y a des scènes de dialogue dans votre film. Il n’y a rien de plus décevant que de voir des comédiens dialoguer de façon non crédible dans un film. Le film perd instantanément de son sérieux et l’envie de voir la suite s’arrête de suite.

Le choix du matériel

En parlant du matériel il faut penser au matériel de tournage (vidéo et audio) mais aussi au matériel de montage. Pour le tournage, il n’est pas nécessaire de tourner avec la caméra dernier cri à 5000€. Quand je vois des projets Ulule qui demande entre 3000 et 5000€ (voire plus) pour réaliser un court-métrage et surtout lorsque c’est le premier ou le deuxième projet de la personne, cela me fait sourire. Je réagis peut-être comme ça parce qu’à l’époque où j’ai commencé à réaliser des court-métrages, ce genre de plate-forme n’existait pas…:) Mais aujourd’hui je ne passe toujours pas par ce genre de plate-forme. Peut-être mon « budget zero » me suffit-il…Sur internet, certains court-métrages très sympas ont des plans tournés avec un smartphone.

Ce que je veux souligner c’est que ce n’est pas parce que votre film sera tourné avec un reflex milieu de gamme ou même bas de gamme que votre film sera moins bien que si vous le tourniez avec une camera haut de gamme.

Ce qui fera la différence ce sera la composition de votre image. L’ambiance générale qui ressortira du film. Le rythme du film, le jeu des comédiens et son histoire évidemment. Tous mes court-métrages ont été tournés avec des caméscopes amateurs ou un reflex milieu de gamme, et ensuite étalonnés.  La partie étalonnage est très importante dans la post-prod. Pour la partie montage, assurez-vous d’avoir un bon PC/MAC avec le bon logiciel de montage dessus. Un dernier conseil concernant le matériel. Ne négligez surtout pas le son, surtout si il y a des dialogues. Investissez dans un bon micro ou un enregistreur numérique, cela vous évitera pas mal de soucis en post-production.

La musique

Une des étapes les plus importantes avant de commencer le tournage.

Soit décider de choisir des musiques déjà existantes tirées de films par exemple. Ce qui freinera la diffusion de votre film sur internet ou dans les festivals. Les plateformes de partage vidéo comme youtube, dailymotion, ou vimeo n’aiment pas trop les vidéos avec des musiques non libres de droits. Elle censurent même parfois le film sur la diffusion mobile. C’est la même chose pour les festivals si vous souhaitez faire candidater votre film. Il sera mis à la corbeille à peine arrivé auprès du jury…

Soit vous connaissez quelqu’un dans votre entourage qui maitrise la « MAO » (Musique Assistée par Ordinateur). Et qui sera capable de vous composer de superbes musiques dignes des films d’Hollywood. Soit vous cherchez un musicien prêt à collaborer avec vous pour un budget minime ou gratuitement en l’échange de contre-parties. Comme les comédiens, il est possible de trouver des musiciens bourrés de talent et passionnés  par ce qu’ils font qui ne cherchent qu’à se faire connaitre. Ils sont donc parfois prêts à composer gratuitement sur des court-métrages. Personnellement j’ai trouvé mon musicien sur cineaste.org, il suffit de s’inscrire à la newsletter et de surveiller les annonces.

Le repérage des lieux et des décors

On m’a récemment posé la question de savoir si il fallait demander une autorisation à la mairie ou autres pouvoirs publics si on souhaitait tourner dans un lieu public.

J’ai tourné l’intégralité de mes court-métrages sans demander la moindre autorisation. La raison est simple : je ne voulais pas prendre le risque d’avoir un refus.

Ce n’est que mon avis mais j’estime que du moment où il n’y a pas de trouble à l’ordre public, aucune gêne à la circulation et aucune dégradation de biens publics, qu’est ce qui nous différencie du touriste qui filme dans la rue ? Dans un passage d’un de mes films, un des protagoniste se met à la fenêtre de la voiture et tire plusieurs coups de feu. J’ai tourné cette scène tard le soir sur un axe très peu fréquenté et loin de toute habitation pour ne faire paniquer personne.

Outre ce côté « autorisation » il vous faudra donc trouver les décors adéquats pour tourner votre court-métrage. C’est un élément à ne pas prendre à la légère et à bien préparer à l’avance. De quel point de vue vous cadrerez. Comment sera la lumière et jusqu’à quelle heure, etc…

Le décor principal de notre dernier court-métrage par exemple, n’existe plus. Nous l’avons tourné dans ce qu’il restait d’un lycée abandonné qui a été détruit depuis. Les derniers plans ont été tournés à la va-vite à quelques jours de la démolition totale. Donc bien faire attention à ce critère de décor qui peut évoluer ou même être détruit.

Le budget

LA question qui revient à chaque fois et à laquelle j’ai presque répondu plus haut : « Mais combien ça te coûte de faire des films ? » Pour certains réalisateurs amateurs, un court-métrage ne peut pas être réalisé sans un budget minimum de 3000€. Ce n’est pas mon avis. Oui il faut un minimum. Mais un film avec un budget plus gros qu’un autre film ne sera pas forcément meilleur ou mieux finalisé qu’un autre à plus petit budget. Aujourd’hui il est possible de réaliser son court-métrage avec un reflex et un bon objectif. Et se rapprocher nettement de ce côté cinéma en jouant avec cette fameuse profondeur de champs.

En se débrouillant il n’est pas nécessaire de mettre des milles et des cent pour obtenir ce résultat. Alors ensuite, libre à chacun de vouloir tourner avec une super caméra à 5000€ ou plus. Mais pour moi cela ne garantira pas la qualité finale du film. Que le film soit en 4K ou en 1080P, je pense que le spectateur lambda devant son écran d’ordinateur s’en fiche un peu. Au sujet de la 4K l’image sera plus nette, mais sera-t-elle plus belle ?

Le sponsoring

Pour les plus malins il existe aussi la solution du « sponsoring« . J’en parle parce qu’il y a quelques années, un étudiant à l’école des beaux-art de Nancy avait réalisé son court-métrage sans sortir un centime. Il s’était fait financer son court-métrage de fin d’année de A à Z par le sponsoring. Il était allé voir une station service (Shell), un restaurant Quick et une entreprise dans le domaine de l’éclairage de scène à Strasbourg. En échange de faire apparaitre leur nom dans le générique de fin de son court-métrage, ces marques lui fournissaient gratuitement le carburant pour les voitures, les repas pour les comédiens les jours de tournage et les projecteurs mandarines pour les scènes tournées en intérieur.

Il existe aussi la solution du « placement de produit« . Je ne connais pas trop cette méthode. Il s’agit en fait de faire apparaitre des marques dans votre court-métrage (voitures, téléphone, ordinateur, boissons ou autres). Ces marques participent en échange au budget du film. Je pense que pour ce genre de collaboration il faut monter un sacré dossier et justifier que le film sera vu des milliers (millions ?) de fois…Pour conclure, le cinéma amateur appartient aux plus débrouillards et aux plus passionnés…;) J’espère avoir pu vous orienter sur les étapes à ne pas rater si vous souhaitez vous lancer dans la réalisation d’un court-métrage. Si j’ai oublié d’aborder un point en particulier, n’hésitez pas à le dire dans les commentaires ou en m’écrivant via la page de contact. 🙂

 

 

 

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2 commentaires pour “Les étapes clés pour réaliser son premier court-métrage

    1. Bonjour , excellente question sur laquelle je ne me suis jamais penché. Je suppose que les scénaristes sont en contact direct avec les studios de production. Pour le cheminement exact je ne sais pas et cela change aussi sans doute selon le pays.